Dans ces mémoires de jeunesse, Thomas Merton, américain né en France en 1915, relate et relit les étapes intérieures et extérieures qui l’ont conduit à se convertir au catholicisme puis à entrer dans un monastère trappiste aux Etats-Unis. Il développe en particulier ses années étudiantes et ses premières expériences professionnelles comme professeurs avant d’être moine.

Les richesses de ce récit sont nombreuses. On assiste aux va-et-vient de la naissance d’une vocation : ses émerveillements et ses résistances. La particularité de Merton réside dans son parcours intellectuel et la façon dont celui-ci voit éclore et se noue à sa conversion puis sa vocation. Il décrit avec précision les événements de sa vie et la façon dont sa vie spirituelle se développe à travers ces événements.
Surtout, Merton écrit très bien ce qui donne un récit très personnel aux échos profondément actuels qu’on lit d’une traite comme un roman très prenant et fascinant…
« Vous m’avez fait parcourir ces allées ombragées, me répétant sans cesse : « solitude, solitude… » Puis, changeant d’avis, vous avez jeté le monde à mes pieds. Vous m’avez dit : « Quitte tout et suis-moi ! » et vous me faites traîner la moitié de New York comme un boulet. Vous m’avez fait m’agenouiller derrière ce pilier, l’esprit bruyant comme une banque… Est-ce cela la contemplation ? […] Lorsque je fus étendu, face contre terre, tandis que le Père Abbé priait sur moi, je ne peux m’empêcher de rire, les lèvres dans la poussière, parce que, sans savoir pourquoi ni comment, j’avais fait ce qu’il fallait faire, une chose stupéfiante… et ce qui était stupéfiant c’est que ce n’était pas mon oeuvre mais la Vôtre en moi… »