Ce qui me surprend toujours avec la Résurrection, c’est qu’elle n’occupe même pas une page dans chacun des 4 Évangiles, deux si on inclut ensuite l’apparition aux disciples, à Emmaüs ou au lac de Galilée et la mention de Jésus les quittant. Comme si l’Evènement avait quelque chose à la fois d’évident et d’indicible. Il faut dire que cette irruption dans l’histoire d’un élément qui ne lui correspond pas, qui bouleverse son ordre quasi éternel de vie-mort désarçonne nos mots.
Après le chaos de la Passion, vient le calme de la Résurrection, sa surprenante douceur. Pas de fracas, ni de bruit, juste un homme qui était mort et qui apparaît bien vivant à une femme dans un jardin.
Cette espèce de simplicité limpide de la Résurrection est pour moi ce qui fait sa force. On peut y croire, on peut ne pas y croire, rien ne nous est imposé. Mais il y a dans ce jour de Pâques comme un voile qui s’ôte sur notre réalité et fait émerger une puissante force d’émerveillement pour la banalité si belle de notre vie quotidienne.
Joyeuses Pâques.
Illustration : Ivanka Demchuk, Lviv
