Flâneries théologiques 4. Devenir simple

Un qualificatif traditionnel que l’on attribue à Dieu est la simplicité. Il est nourri d’un certain nombre de concepts philosophiques (au sein d’une discipline appelée “métaphyisque” : au-delà (méta) de la physique). Un Dieu simple signifie qu’il n’est pas composé, qu’il n’a pas de début ni de fin, qu’il ne change pas, qu’il n’y a pas de conflit en lui mais une parfaite unité. En fait, on pourrait résumer cette simplicité à une idée : Dieu EST. C’est d’ailleurs ainsi qu’il se présente à Moïse au Buisson Ardent : « Je suis celui qui est » (Exode 3, 14). Ça peut paraître un peu étonnant comme présentation mais cet acte d’être soutient toute la Création et chacune de nos existences. Cet acte d’être touche à l’essentiel.

Souvent, je me représente cette présence pure, cette simplicité, par une image : celle d’une étendue de poudreuse vierge réchauffée par le soleil. Il y a à ce moment-là un temps suspendu, comme si l’essentiel de la vie s’était ramassé, qui s’approche pour moi de ce qu’est ÊTRE, simplement et rien d’autre.

La simplicité est, je crois, quelque chose d’assez contre-intuitif dans nos existences. Nous naissons et nous mourons, nous sommes habités par notre histoire et traversés par tant d’autres. La simplicité n’a rien d’évident. On est même fascinés par la complexité. Pourquoi la simplicité présenterait-elle un intérêt ? Il me semble pourtant que cette simplicité de Dieu peut nous inspirer, nous orienter et nous attirer. Dans les Évangiles, Jésus cite en exemple les petits enfants et ceux qui leur ressemblent, car le Royaume des cieux est pour eux (Marc 10, 14). Il y a dans leur façon d’être, leur spontanéité en s’approchant du Christ, un modèle à suivre.

Dans nos relations, la simplicité est à chérir tout particulièrement en ce qu’elle va s’atteler à aller au cœur de la rencontre en évitant les détours. Comment donner à voir notre être et scruter l’être chez les autres ?

La simplicité est une école spirituelle : à l’image de Dieu, c’est le lieu où il y a unité, où il n’y a pas de conflit ; c’est un lieu de clarté qui demande un dépouillement volontaire.

Devenir simple pour devenir Dieu. Ce ne sera pas pour tout de suite mais on peut y œuvrer. Si on reprend l’image de la poudreuse au soleil : se simplifier pour communier à cet état de présence pure. Je me représente cette étendue de poudreuse ensoleillée si désirable et cherche à ce qu’il n’y ait plus d’entrave entre elle et moi pour pouvoir la savourer pleinement.

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