Flâneries théologiques 21. Faire comme Jésus ?

Que ferait Jésus à ma place ? Cette question, il peut nous arriver de nous la poser à certains moments de notre vie où nous cherchons la voie la plus juste pour agir. Nous essayons alors peut-être de nous remémorer certaines pages de sa vie qui pourraient se rapprocher de notre situation afin de trouver quelques recettes ou idées.

À chaque fois, il faut cependant faire preuve d’imagination et de créativité. Car si Jésus s’est bien fait humain parmi les humains pour tracer un chemin, cet homme, célibataire, mort à trente-trois ans, ayant vécu en terre d’Israël il y a plus de deux mille ans, est certes Dieu mais s’est incarné dans une réalité qui peut être assez éloignée de la nôtre, que l’on soit mère de famille, jeune étudiant, retraitée…

Il me semble donc que suivre la voie du Christ, ce n’est pas chercher à conformer sa vie entière à la manière dont il a vécu, s’identifier aux moindres de ses faits et gestes. Car dans ce cas, Jésus n’a (d’une certaine manière) jamais fait de politique, il est resté célibataire, a donné sa vie sur une croix… Et pourtant, il y a fort heureusement des personnes soucieuses du bien commun qui s’engagent en politique et des personnes qui fondent des familles. Et il y a autant de façons de donner sa vie que de personnes sur terre… Je crois même que pour suivre la voie du Christ, il faut parvenir à paradoxalement s’en éloigner un peu pour réussir à prendre son propre chemin.

Suivre le Christ, c’est accueillir sa présence et sa parole en nous dans notre propre réalité. C’est se laisser nourrir par cet Évangile pour qu’il devienne une école de vie, non pas en décalquant la vie de Jésus sur la nôtre mais en laissant la nôtre être habitée par lui. Ruminer cette parole pour que son sens nous habite. Non pas l’apprendre par cœur pour pouvoir la recracher mais se l’approprier pour en vivre. C’est en cela qu’elle devient réellement actuelle : en passant par notre propre réalité, notre propre actualité.

En réalité, cela demande une véritable maturité spirituelle et conduit sur un exigeant chemin d’humanisation. Il s’agit de déployer le trésor déposé en nous de nos qualités propres dont l’humanité a besoin. Cette voie d’incarnation pour nos vies implique une liberté et une responsabilité personnelles qui sont une réponse à l’appel du Christ de le suivre. L’Evangile est source d’inspiration, pas un manuel scolaire ! Et cet Évangile a besoin de chacune de nos personnalités pour rayonner aujourd’hui, et nous revient le défi, enthousiasmant, de trouver notre propre manière de le faire.

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