
L’amour est un choix. Toute personne qui s’est préparée au mariage notamment l’a appris : un couple se construit, n’a rien d’évident, a besoin de communication, de soin et de travail. Tous les couples qui se marient à l’église catholique s’engagent à vivre 4 piliers : la fidélité, l’indissolubilité, la fécondité, la liberté. Comment les tenir si l’amour n’était pas un choix ?
L’amour est un choix. Cela peut paraître un peu déstabilisant et peu attrayant lorsque l’on connaît la puissance de nos sentiments. Ou encore, cela peut paraître un peu trop simple. Mais n’est-ce pas au contraire une manière de prendre au sérieux nos amours ? Un amour s’entretient, se rechoisit. On peut aussi choisir d’y mettre un terme pour bien des raisons.
Qu’est-ce que je veux ? Est-ce que je m’en donne les moyens ? Quels mythes dois-je déconstruire pour être capable d’aimer ? Ceux des princes et princesses charmantes par exemple ? Je me souviens de ce podcast féministe qui partait en guerre (à raison) contre une forme de romantisme pleine de clichés nocifs, de violence et d’abus.
N’est-ce pas exactement ce genre de dangers que l’on veut éviter quand on dit que l’amour est un choix ? L’amour s’éduque, s’apprend, demande à revisiter bon nombre de nos a priori. Ce ne sont pas un sentiment indomptable ni la passion dévorante qui l’emportent, mais le choix d’un cœur apaisé. J’aime ces mots de Julia Kerninon, évoquant son compagnon : « Et un jour, j’ai renversé l’évidence, j’ai considéré la possibilité que l’amour puisse être non pas la légère appréhension à laquelle je l’avais toujours associé, mais ce mélange inédit de liberté et de paix. Dans mon égocentrisme, je n’avais jamais envisagé d’être aimée, seulement d’aimer » (Toucher la terre ferme, p. 51).
La bonne nouvelle c’est que nous en avons un exemple éclatant dans les Évangiles. Jésus va même jusqu’à donner sa vie par amour : « Ma vie, nul ne la prend, c’est moi qui la donne » (Jn 10, 8). Et le fameux hymne aux Corinthiens nous en trace les contours exigeants de cet amour : « L’amour prend patience ; l’amour rend service ; l’amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil ; il ne fait rien d’inconvenant ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s’emporte pas ; il n’entretient pas de rancune ; il ne se réjouit pas de ce qui est injuste, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ; il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout. L’amour ne passera jamais. » (1 Co 13 4-8)
Comment inscrire toute notre vie dans la trame de cet amour ?
A suivre…