Flâneries théologiques 38. L’amour est un choix 2/2

L’amour ne concerne pas bien sûr uniquement nos relations de couple ou de famille. Il traverse tous nos liens et prend mille formes différentes. Je suis toujours fascinée de voir toutes les relations si uniques qu’il est possible de tisser avec le spersonnes autour de nous. N’est-ce pas fascinant toutes ces relations d’amour si uniques que nous pouvons tisser avec tant de personnes au cours de notre vie ? Le cœur humain est si vaste et peut contenir tant d’amours différentes que c’en est vertigineux.

Il peut arriver que dans ce vertige, la peur nous saisisse. Commentant ces mots de la première lettre de Jean, « il n’y a pas de peur en amour » (1 Jn 4,18), l’écrivaine féministe et chrétienne Bell Hooks écrit : « Pour connaître l’amour parfait, il faut renoncer à la volonté de pouvoir. C’est cette révélation qui rend ce passage des Ecritures sur l’amour parfait si prophétique et révolutionnaire pour notre époque. On ne peut connaître l’amour tant qu’on demeure incapable de renoncer à son attachement au pouvoir, tant que le moindre sentiment de vulnérabilité nous frappe de terreur. Le manque d’amour est un tourment. » (A propos d’amour, p. 227).

On commence à comprendre que le choix d’aimer est bien loin d’un acte rationnel et froid. Il est l’accueil d’une grâce qui nous dépasse. Il est le consentement à cette grâce. C’est un choix qui n’a rien d’acquis, rien de péremptoire, mais qui engage notre être vers cette vérité du lien.

L’amour est un choix. Cela ne signifie certainement pas de se transformer en Princesse de Clèves, gardienne immuable d’une morale desséchée. Il s’inscrit dans une fidélité qui  « se construit toujours autant qu’elle se reçoit. Fragile, car jamais à l’abri de la déception, elle se nourrit de cette présence vulnérable. C’est par elle que l’on s’approche de l’autre. C’est par elle que l’on se laisse approcher. Elle se fonde sur le choix d’une proximité aimante que l’on est amené à réitérer chaque jour. Une présence défaillante, jamais totale, mais qui lorsqu’il le faut, sait se faire solide, se faire fiable. » (Véronique Margon, Fidélité, infidélité, question vive, p. 66).

Le choix que nous faisons ne se déploie qu’au cœur de notre vulnérabilité.

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