
Pour 2024, je vais tenter de prendre une résolution : écrire chaque semaine un petit article de réflexion théologique. L’objectif est de pouvoir flâner ensemble, déambuler en pays théologique qui est, contrairement à ce que l’on pourrait croire, un pays pas si méconnu. L’idée m’est venue en constatant que, souvent, on pense la théologie comme un discours complexe et réservé à des élites religieuses. Pourtant, elle occupe bien la vie de chaque croyant, de toutes les personnes qui cherchent Dieu en fait. Comment faire le pas de la théologie dans le quotidien ? Comment s’interroger sur notre rapport à Dieu qui est entièrement nourri de notre vie spirituelle, de nos relations, nos choix, nos désirs, nos aspirations ?
On définit la théologie comme un discours (logos) sur Dieu (theos). Ce discours est loin d’être figé car le « Logos » en théologie chrétienne n’est autre que le Verbe incarné, le Christ, Dieu fait homme pour partager nos existences (voir par exemple le début de l’Évangile de saint Jean). La théologie ne peut donc pas être restreinte à la compilation de textes, de commandements et de choses à respecter. La théologie engage ; elle est existentielle puisqu’elle prend au sérieux l’accueil de Dieu dans nos vies. Elle se demande ainsi : comment être fidèle, aujourd’hui, à la Parole de Dieu, à l’Évangile ? Comment cet Évangile résonne-t-il dans mon quotidien ? Qu’est-ce que j’en comprends, en écho à mes propres réalités ?
De cette façon, la théologie est à la portée d’absolument tout le monde.
Quand je me sens tiraillée entre les deux sœurs Marthe et Marie (Évangile de Luc 10, 38-42), préoccupée par la façon de concilier la réalisation efficace des tâches qui m’incombent et la disponibilité aux autres et à Dieu, je fais de la théologie.
Quand je cherche à mettre en conformité mon action au sein de mon travail avec ce qu’a dit Jésus, je fais de la théologie.
Quand je médite chacune des paroles du « Notre Père » pour en saisir le sens, je fais de la théologie.
Quand je m’émerveille de la vie jaillissante de mes enfants et comprends qu’elle vient de bien plus grand que moi, je fais de la théologie.
La théologie ne sert qu’à une chose : creuser notre amitié avec Dieu et accueillir ce qui en découle. Sinon, quel intérêt ? En cela, elle est à la portée de tous. Un autre point qui me paraît primordial est que la théologie est très concrète. Elle est incarnée, elle aussi. Elle s’intéresse à notre vie et si elle s’en coupe, se perd dans les hautes sphères de l’intellect sans revenir sur la terre ferme, elle est inutile et morte.
La théologie est au service de ce qui engendre la vie : Qu’est-ce qui porte la vie dans nos existences ? Qu’est-ce qui nous rapproche de Dieu ?
C’est dans cette optique que j’aimerais que nous cheminions ensemble cette année : en scrutant notre quotidien pour voir comment la théologie s’y insère, partout.
Bonne année !